Besoin préoccupant de logements sociaux

 

Plus de 1,5 milliard de Canadiens ont un besoin impérieux de logement, selon les plus récentes statistiques. Même si une amélioration a été apportée depuis 2001, 12.7% des ménages sont nécessiteux pour une habitation abordable.

François Roy, coordonnateur de Logemen’occupe, un des organismes qui lutte pour des résidences abordables et contre la pauvreté dans la région de l’Outaouais, précise  que c’est un demi-million de personnes au Québec qui habite dans un logement inadéquat, dont 6000 ménages à Gatineau. Les autochtones et les nouveaux arrivants sont les catégories de gens les plus touchés par le problème de surpeuplement. Deux ménages autochtones sur cinq, et 43% des ménages d’immigrants ont un besoin urgent de logement.

À Gatineau, les listes d’attente pour les logements sociaux fonctionnent par pointage, la priorité allant à ceux qui ont le plus gros pointage. Le loyer est basé sur le revenu et il est fixé à 25% de celui-ci, y compris les frais de chauffage. L’Office municipal d’habitation de Gatineau gère 3000 logements.

Le degré d’engagement des gouvernements pour régler les problèmes de logement est variable d’un palier à l’autre. En Ontario, la responsabilité des logements sociaux a été transférée aux municipalités en 2002. Celles-ci reçoivent tout de même des subventions fédérales et provinciales pour assurer le maintien et la construction des logements. Dans la région, c’est la Société Logement Communautaire d’Ottawa qui assure en majorité la gestion de ce type d’habitation.  Le loyer est fixé à 30% du revenu du ménage avant impôt. Plus de 9500 ménages de la capitale nationale sont sur la liste d’attente pour un logement abordable, et ils peuvent attendre jusqu’à cinq ans avant d’en obtenir un. Divers organismes communautaires et coopératives d’habitation sont toutefois à la disposition des ménages comme alternative pour trouver un logis convenable.

La Société Canadienne d’Hypothèque et de Logement (SCHL) considère qu’un ménage a un besoin impérieux de logement lorsque son domicile ne répond pas aux normes de qualité et de taille convenable ainsi qu’à un prix abordable.

 La SCHL établit ses normes de la façon suivante. Il est de taille convenable si le nombre de chambres est suffisant, compte tenu de la taille et de la composition des ménages, au sens des définitions figurant dans la Norme nationale d’occupation. Selon cette norme, suffisamment de chambres signifie une chambre pour chaque couple d’adultes, chaque personne seule de 18 ans ou plus faisant partie du ménage, chaque couple d’enfants de même sexe âgés de moins de 18 ans et chaque fille ou garçon additionnel dans la famille, sauf s’il y a deux enfants de sexe opposé âgés de moins de cinq ans, qui peuvent alors partager la même chambre. Un ménage composé d’une personne seule peut occuper un studio, c’est-à-dire un logement sans chambre distincte.

Un logement est abordable si le ménage qui l’occupe y consacre moins de 30 % de son revenu avant impôt. Pour les locataires, les frais de logement englobent le loyer et les paiements effectués pour l’électricité, le combustible, l’eau et les autres services municipaux. On dit d’un ménage qu’il éprouve des besoins impérieux en matière de logement si son habitation est non conforme à au moins un des trois critères ci-dessus, et si le loyer médian (coût des services publics compris) des logements acceptables sur le marché local correspond à 30 % ou plus de son revenu avant impôt. 

Enfin, l’été dernier, le gouvernement fédéral s’est entendu avec chaque province et territoire pour verser près d’un milliard de dollars sur trois ans, afin de venir en aide à la construction et la rénovation de logements sociaux.